6 décembre 2016

Dans l'oeil noir du corbeau - Sohie LOUBIERE

Editions Pocket
Parution : 13 novembre 2014
432 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Animatrice d’émissions culinaires, Anne Darney approche de la quarantaine en solitaire. Ses quelques histoires ressemblent à une succession de plats fades en comparaison de son premier boyfriend, Daniel, un Américain rencontré vingt-cinq ans plus tôt.
Pour s’affranchir de ce souvenir obsédant, Anne décide de partir à San Francisco. Mais l’affaire « Daniel Harlig » qu’elle découvre là-bas n’a rien d’une bluette…
En contrepartie de la préparation d’un festin d’anthologie, le monumental inspecteur Bill Rainbow, un fin gourmet, va accepter de rouvrir pour elle une enquête au goût de cendres.

Sophie Loubière est une journaliste, productrice, écrivain, spécialiste de musique de film, née en 1966 à Nancy, en Lorraine. Après avoir suivi des études littéraires (Lettres Modernes option Audiovisuel à la Faculté de Nancy), elle participe aux radios libres nancéiennes et se consacre à l'écriture.

Ce que j'en ai pensé :

Pas tout à fait un roman policier, sauf si on s'en tient aux règles du genre : certes, il y a bien un cadavre, un flic à la retraite qui ré-ouvre une enquête "cold case".

Mais...il n'y a pas que ça ! 
On trouve une animatrice de TV culinaire, un beau barman, une bluette d'adolescent, un suicide camouflé, un salon de massage chinois, un clochard qui sauve une mouette et un p... de Père Noël qui fiche un sacré bazar !

Plus qu'un polar donc puisque le roman explore surtout les personnalités des deux principaux protagonistes, révélant leurs failles et leurs blessures, leurs traumatismes ("maman a tué papa") et leurs secrets (on devine assez vite que l'animatrice d'émissions culinaires a un sacré problème avec la nourriture !).

La fin est assez imprévisible, presque "injuste" et c'est plutôt pas mal tourné !

Clin d'oeil, puisqu'on parle beaucoup de cuisine dans ce polar, les parties s'intitulent : Mise en bouche - l'entrée- le plat - le dessert - l'addition ! et le livre se termine par quelques recettes de fêtes qu'il faudrait essayer !

Une belle rencontre avec cet auteur qui a aussi commis Black coffee et sa suite, White coffee. 
 

1 décembre 2016

Le livre du hygge - Meik WIKING

Editions First
Parution : 3 novembre 2016
288 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Pourquoi les Danois sont-ils les gens les plus heureux du monde ? Pour Meik Wiking, directeur de l'Institut de recherche sur le bonheur à Copenhague, la réponse est simple : grâce au hygge.
Sans équivalent français, le terme " hygge " (à prononcer " hoo-ga ") évoque les notions de confort, du vivre-ensemble et de bien-être profond. " Le hygge est une ambiance, une véritable atmosphère " explique Meik Wiking. " C'est profiter de ceux que l'on aime en passant du temps auprès d'eux, avec ce sentiment de se sentir chez soi, en sécurité. "
Le hygge, c'est ce que vous éprouvez lorsque vous vous prélassez sur votre canapé, des chaussettes douillettes aux pieds, emmitouflé dans une couverture douce tout en observant par la fenêtre les éclairs d'un gros orage. C'est le bonheur que vous ressentez lorsque vous partagez une conversation et un délicieux repas avec vos proches autour d'une table ornée de bougies. C'est la chaleur des premiers rayons de soleil sur votre visage un jour de ciel bleu.
Le Livre du Hygge vous invite à découvrir les grands principes de cette philosophie de vie danoise, avec de nombreux conseils et idées pour l'incorporer à votre quotidien :
Se mettre à l'aise et faire un break ;
Profiter de l'instant présent (et couper son téléphone) ;
Éteindre les lumières et profiter de la lueur des bougies ;
Prendre soin de ses relations et passer plus de temps avec ses proches ;
S'autoriser des petits écarts et mettre de côté les principes de bonne santé (les gâteaux font bien partie du hygge !)
Vivre chaque jour, et chaque café, comme si c'était le dernier.


Meik Wiking est le directeur de l' Institut de recherche sur le bonheur à Copenhague. En se questionnant sur ce qui rend les gens heureux, il en a conclu que le hygge était l'ingrédient magique à l'origine du bonheur des Danois, ce peuple considéré comme le plus heureux du monde.

Ce que j'en ai pensé :

Voila le genre de bouquin qu'on voit partout en ce moment ! Et si on suivait la méthode danoise pour se fabriquer un cocon bienheureux ? C'est le propos de ce livre : il suffirait de peu pour se créer une ambiance propice au bonheur.

Un bon bouquin, un canapé moelleux avec plaid et coussins, des bougies partout (mais n'oubliez pas d'aérer : elles dégagent des particules fines hyper toxiques), une boisson chaude et des gâteaux. Une soirée entre amis sans discussion qui fâche, une balade en forêt ou un pique-nique en bord de mer.

OK

Mais franchement, on a besoin d'un guide pour ça ? 

Je suis ressortie un peu dépitée de cette lecture (très rapide : il y a beaucoup de photos, voire des pages vides en fin de chapitre, c'est écrit gros et les paragraphes sont courts) avec la sensation d'avoir été arnaquée par un concept marketing.

30 novembre 2016

Bilan de novembre 2016

Novembre aura été entrecoupé par une grosse panne de lecture de près de dix jours (et presque l'envie d'arrêter ce blog). 
Mais j'ai eu de belles lectures, principalement parmi les polars !
Mention spéciale à "l'écurie" des Editions de la Manufacture des Livres : trois polars de leur collection m'ont vraiment séduite :o)

Mes chouchous du mois :

J'ai retrouvé avec plaisir David Vann, moins "glacial" que prévu, Emma Locatelli dont j'avais lu un polar ésotérique il y a longtemps et Jean-Paul Dubois que j'aime beaucoup. 

J'ai beaucoup aimé aussi :


Et juste un peu moins ceux-ci (pour plein de raisons très différentes !) :


Au total, 13 bouquins, 4 021 pages, et ce, malgré ma "panne"...et 4% du Challenge de la Rentrée Littéraire d'automne ! On verra ce que réserve décembre, sans doute un peu moins de nouveautés mais peut-être toujours autant de polars !

Les articles les plus lus sur le blog ce mois-ci ont été :

Leïla SLIMANI, Chanson douce
Joyce Carol OATES, Sacrifice
Jean-Paul DUBOIS, La succession
Laurent GAUDÉ, Ecoutez nos défaites
Marcello SIMONI, L'abbaye des cent péchés

28 novembre 2016

Notre château - Emmanuel REGNIEZ

Editions Le Tripode
Parution : 21 janvier 2016
128 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Un frère et une soeur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa soeur dans un bus de la ligne 39. C’est inexplicable, il ne peut se l’expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.
On pourrait penser aux films Les Autres de Alejandro Amenábar, Shining de Kubrick, ou à La Maison des feuilles de Danielewski. En reprenant à son compte l’héritage de la littérature gothique et l’épure de certains auteurs du nouveau roman, Emmanuel Régniez réussit un roman ciselé et singulier, qui comblera les amateurs d’étrange.

Emmanuel Régniez est un écrivain de langue française. Il est libraire du "Le Cent Livres" à Mons. Notre Château est son premier roman. Il est aussi l'auteur de L'Abc du gothique (2012) aux éditions Le Quartanier. 

Ce que j'en ai pensé :

Etrange. Ce roman est étrange. Il est étrange que ce roman soit étrange. Vraiment étrange.

Cette phrase vous interpelle, vous interloque ? Certes. Mais toute la narration de ce drôle de roman est ainsi, construite de mots qui se répètent, s'entremêlent, s'inversent. Étrange. Comme cette obsession pour "le bus n°39 qui va de la gare à la Cité des 3 Fontaines, en passant par l'Hôtel de Ville"...
Un roman lancinant, supposé gothique (mais certes pas à la manière de ceux de Carlos Luis Zafon) dont je n'ai malheureusement pas saisi la portée, peut-être pas compris le sens ou les choses cachées (sauf le dernier "chapitre" de quelques lignes ?).

Etrange. Et finalement, c'est parfois assez sympa de sortir de sa zone de confort et d'être un peu perdue à cause d'un bouquin. Et de conclure sur la série de photos en fin de volume qui interrogent. Etrange.
 

Extrait :

"Une maison qui contient beaucoup de livres est une maison ouverte au monde, est une maison qui laisse entrer le monde. Chaque livre qui entre est un fragment du monde extérieur et, tel un puzzle, quand nous posons ensuite le livre dans les rayons de Notre Bibliothèque, nous recomposons le monde, un monde à notre image, à notre pensée."

27 novembre 2016

Hilarion, l'araignée d'Apollon - Christophe ESTRADA

Editions Actes Sud
Parution : 7 septembre 2016
448 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Versailles, février 1777. Le chevalier Hilarion de S. et son fidèle valet Pierre découvrent le château de Versailles, vaste labyrinthe où se nouent et se dénouent des alliances secrètes. Le pouvoir de Louis XVI est d’autant plus fragile que la reine n’a pas encore donné l’héritier attendu par une cour à l’affût des moindres rumeurs. Chargé par le jeune roi de retrouver une correspondance dérobée à Marie-Antoinette, des lettres qui ont servi à alimenter des libelles infamants, Hilarion bute sur le cadavre de M. de Rancy, principal suspect dans cette affaire. Quelle direction prendre alors ? Pourra-t-il compter sur son cousin, Hector de Simiane, une tête si légère ? Quel rôle la charmante Toinette, dont Pierre ne tarde pas à tomber amoureux, joue-t-elle dans cette macabre comédie ? Pourquoi ce fat de Montmort n’a-t-il de cesse de provoquer le chevalier ? Quelles sont ces ombres qui se glissent à la tombée de la nuit dans le vieux parc glacé ? Les questions s’accumulent, les morts aussi.
Cette enquête s’inscrit dans la continuité du premier roman de Christophe Estrada. Ici, l’auteur offre une visite inattendue et singulière d’un Versailles nocturne et inquiétant, avec sa population servant davantage ses propres intérêts que ceux du roi, un univers de manipulations qui entraîne le lecteur dans les couloirs de service, dans la ménagerie laissée à l’abandon, plutôt que dans les salons d’apparat où se presse une autre ménagerie avide de ragots et de bons mots.
Et sur les terrasses du château, le roi, solitaire, observe ses courtisans…

Après une enfance à Grasse, Christophe Estrada entame des études de lettres à Paris (Sorbonne-Nouvelle). En 2010, il crée le personnage d’Hilarion, jeune aristocrate provençal au service du roi Louis XVI, et publie chez Actes Sud son premier roman, Hilarion, l’énigme des fontaines mortes, récompensé par le prix Historia du roman policier historique et par le prix Interpol’Art en 2012.

Ce que j'en ai pensé :

Quel plaisir de découvrir enfin la suite des aventures du Chevalier Hilarion de S. ! De retrouver ce jeune homme mystérieux, au corps couturé de cicatrices, à la figure pâle, et de son compagnon et dévoué serviteur, Pierre, ancien galérien.

Surtout que dans les couloirs de Versailles, les libelles circulent et les cadavres s'amoncellent.

Dans la profusion des courtisans (on pourrait s'y perdre, du Marquis Machin à la Princesse Bidule), dans cet hiver exceptionnellement froid de 1777, l'auteur tisse son intrigue, et donne à son héros du fil à retordre : si les meurtres sont liés, leur dessein presque connu (il s'agit de retrouver des lettres compromettantes pour la royauté), les vraies raisons sont plus obscures...

On croise Benjamin Franklin et des espions anglais, les fontainiers du parc et le Comte de Provence, au détour des antichambres ou dans les allées gelées du parc. Et, dans ce monde à part, une Araignée tisse sa toile... 

C'est tout le sel de ce polar historique dont la narration parfaite laisse entrevoir une possible suite.