15 janvier 2017

L'ours - Claire CAMERON

Editions 10/18
Parution : 5 janvier 2017
Titre original : The bear
Traduction : Bernard Cohen
240 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Canada, Ontario, un parc naturel sur les rives du lac Opeongo. Anna, 5 ans, et le petit « Sticky » campent avec leurs parents lorsqu’ils sont surpris en pleine nuit par un gros « chien noir ». Le lendemain, la fillette découvre qu’elle et Stick sont désormais seuls, et que c’est à elle, la « grande », de protéger son frère. Débute alors pour les deux enfants une dangereuse errance… Inspiré d’une histoire vraie, cet extraordinaire récit de survie entre Into the Wild et Room est raconté avec une tendresse déchirante à hauteur d’enfant. Un livre inoubliable.

Née à Toronto (Canada) en 1973, Claire Cameron a fait des études d'histoire et de culture à Queen's University, Kingston. Elle est journaliste et romancière. 

Ce que j'en ai pensé :

Une belle couverture, une idée de départ à la fois horrible et fascinante, tout pour me plaire et pourtant...je me suis un peu perdue en route, sans doute à cause de cette narration du point de vue de la fillette héroïne malgré elle de cette tragédie. 
Le langage est un peu enfantin mais ce qui m'a le plus gênée est sans doute la longueur de certaines phrases dont on perd le fil (elles sont supposées représenter le cheminement des réflexions de la gamine mais elles ont fini par m'agacer et me sembler peu crédibles).

La seconde partie du roman, après l'attaque de l'ours et la fuite des deux enfants en canoë, m'a paru un peu poussive, et j'ai préféré l'épilogue finalement ! Un roman qui m'a légèrement déçue et qui aurait sans doute gagné à être moins long.

12 janvier 2017

Vie de ma voisine - Geneviève BRISAC

Editions Grasset
Parution : 4 janvier 2017
180 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :
Ça commence comme une nouvelle d’Alice Munro : lors de son déménagement, une romancière est abordée par sa voisine du dessus qui l’a reconnue, et l’invite chez elle pour parler de Charlotte Delbo.
Ça continue comme un récit d’Isaac Babel. Car les parents de Jenny, la voisine née en 1925, étaient des Juifs polonais membres du Bund, immigrés en France un an avant sa naissance.
Mais c’est un livre de Geneviève Brisac, un « roman vrai » en forme de traversée du siècle : la vie à Paris dans les années 1930, la Révolution trahie à Moscou, l’Occupation – Jenny et son frère livrés à eux-mêmes après la rafle du Vel' d’Hiv, la déportation des parents, la peur, la faim, les humiliations, et l’histoire d’une merveilleuse amitié. Le roman d’apprentissage d’une jeune institutrice douée d’une indomptable vitalité, que ni les deuils ni les tragédies ne parviendront à affaiblir.
Ça se termine à Moscou en 1992, dans la salle du tribunal où Staline fit condamner à mort les chefs de la révolution d’Octobre, par la rencontre improbable mais réelle entre des « zeks » rescapés du Goulag et une délégation de survivants des camps nazis.
À l’écoute de Jenny, Geneviève Brisac rend justice aux héros de notre temps, à celles et ceux qui, dans l’ombre, ont su garder vivant le goût de la fraternité et de l’utopie.


Né en 1951 à Paris, Geneviève Brisac est l’auteur de nombreux romans, parmi lesquels Petite, Une année avec mon père et Dans les yeux des autres.

Ce que j'en ai pensé :

Après avoir lu les billets enthousiastes d'Eva et d'Eimelle, j'ai eu très envie de me plonger dans ce récit à deux voix, celle de l'écrivain et celle de sa voisine, Jenny Plocki, rescapée de la rafle du Vel d'Hiv.


La narration est façonnée à la manière d'entretiens amicaux et se déroule parfois au gré d'une sorte de pèlerinage dans Paris à la re-découverte des endroits où Jenny a grandi. 
Au-delà de ce témoignage essentiel (que Jenny Plocki a déjà restitué sur ce site), c'est une belle leçon de vie que transmet la vieille dame, une leçon de dignité et d'espoir.
Elle évoque certes les difficultés de la vie quotidienne sous l'Occupation, les dangers d'être juif dans une Europe envahie par les nazis, mais elle raconte aussi ses engagements politiques, l'amitié, et surtout l'amour de ses parents, leur courage.
Un beau roman-récit, doux et intelligent, qui évite l'écueil de l'apitoiement, conservant tout au long des pages ce refrain : "Vivez, espérez" sur un mode résolument optimiste !

 

9 janvier 2017

Je lis donc je suis - TAG

A mon tour de jouer avec ce tag que j'ai repéré chez Noukette ou chez Marie-Claude et qui consiste au travers de mes lectures de 2016 à jouer à une sorte de portrait chinois littéraire !
Clic sur les titres pour lire les billets :o)

DÉCRIS-TOI

 COMMENT TE SENS-TU ?

 DÉCRIS OÙ TU VIS ACTUELLEMENT

 SI TU POUVAIS ALLER OÙ TU VEUX, TU IRAIS OÙ ?

 TON MOYEN DE TRANSPORT PRÉFÉRÉ

 TA MEILLEURE AMIE EST...
 TOI ET TES AMIS VOUS ÊTES...
 COMMENT EST LE TEMPS ?
 QUEL EST TON MOMENT PRÉFÉRÉ DE LA JOURNÉE ?
 QU'EST LA VIE POUR TOI ?


QUEL EST LE CONSEIL QUE TU AS À DONNER ?
Personne n'en saura rien

 LA PENSÉE DU JOUR
Ecoutez nos défaites

 COMMENT AIMERAIS-TU MOURIR ?
En douce

 LES CONDITIONS ACTUELLES DE TON ÂME ?
 TON RÊVE
Grossir le ciel

A qui le tour ??

8 janvier 2017

Aveu de faiblesses - Frédéric VIGUIER

Editions Albin Michel
Parution : 4 janvier 2017
200 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

« Je suis laid, depuis le début. On me dit que je ressemble à ma mère, qu’on a le même nez. Mais ma mère, je la trouve belle. »
Ressources inhumaines, critique implacable de notre société, a imposé le ton froid et cruel de Frédéric Viguier dont le premier roman se faisait l’écho d’une « humanité déshumanisée ». On retrouve son univers glaçant et sombre, qui emprunte tout à la fois au cinéma radical de Bruno Dumont et au roman social. Mais au drame d’un bourg désindustrialisé du nord de la France, Frédéric Viguier ajoute le suspense d’un roman noir. Dès lors, l’histoire d’Yvan, un adolescent moqué pour sa laideur et sa différence, accusé du meurtre de son petit voisin, prend une tournure inattendue. 

 Frédéric Viguier est né en 1968 dans une famille de la bourgeoisie protestante nîmoise. Il a fait des études dans la publicité. Il se consacre à l'écriture depuis cinq ans. Il est l'auteur de Ressources inhumaines (éditions Albin Michel), un roman sélectionné pour le prix Jean-Carrière, le prix du roman Version Femina et le Prix des lycéens.

Ce que j'en ai pensé :

Il n'a pas un physique facile, Yvan : gros, roux, laid, des pantalons trop courts. On sent bien qu'il a le QI au ras des pâquerettes : pas un seul copain au lycée, une maman qu'il vénère et qui réalise des sculptures dans du beurre et collectionne les étiquettes de fromage. Il n'aime pas trop qu'on se moque de lui et c'est ce que font la future victime et son frère.

Alors Yvan devient vite le coupable idéal quand on découvre le meurtre de son petit voisin. D'autant qu'il coopère gentiment : il veut bien tout avouer du moment qu'il croit dormir dans un bon lit et retrouver vite sa maman...Et comme pour le flic qui l'interroge, il vaut mieux des aveux que des preuves, l'affaire pourrait être rondement menée !
 
Ce roman est malin : à la fois photographie sociale d'une marge de la France (le chômage rôde, l'échec scolaire, la violence familiale), critique des failles de la justice  et de l'univers carcéral, il prend des allures de polar et sa narration est addictive : rythme trépidant, suspense latent. 
Mais il étonne : on est tour à tour compatissant aux malheurs d'Yvan Gourlet, moqueur (cet anti-héros est une vraie tête à claques !) puis sans doute un peu admiratif jusqu'à cette dernière ligne qui envoie tout valser !

Un excellent roman !!

5 janvier 2017

Morte la bête - Lotte et Søren HAMMER

Editions Actes Sud
Parution : août 2011
Traduction : Andreas Saint-Bonnet
400 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

Le jour de la rentrée, deux enfants découvrent un spectacle cauchemardesque dans le gymnase de leur école. Cinq corps d’hommes ont été mutilés à la tronçonneuse avant d’être pendus au plafond dans une mise en scène d’une précision terrifiante. L’inspecteur en chef Simonsen interrompt aussitôt ses vacances avec sa fille et rentre à Copenhague pour prendre la direction de l’enquête. Dès les premiers interrogatoires, l’étrange concierge de l’école, un marginal qui dissimule un esprit retors derrière un alcoolisme de façade, tient des propos contradictoires et délibérément provocateurs… L’identification des corps est compliquée par leur état de mutilation, mais l’ablation systématique des parties génitales ressemble à une signature. Au même moment, un riche entrepreneur victime d’abus sexuels dans sa jeunesse lance une vaste campagne de communication pour dénoncer le laxisme de la justice danoise vis-à-vis des pédophiles. L’opinion publique s’empare du débat, menaçant de parasiter l’enquête. Le concierge, de son côté, échappe à la surveillance de la police et achève définitivement de brouiller les pistes… Simonsen, qui a trop d’expérience pour ne pas se méfier des coïncidences, comprend qu’il a affaire à un plan de grande ampleur dont il ne connaît encore ni les tenants, ni les aboutissants… Dans ce premier roman intense et foisonnant, Lotte et Søren Hammer construisent une intrigue millimétrée et roublarde sur un sujet encore largement tabou au Danemark. Dressant le portrait d’une opinion qui prend fait et cause pour des meurtriers, les auteurs renvoient le lecteur à ses propres certitudes éthiques.

Lotte et Søren Hammer sont frère et sœur. Phénomène au Danemark, déjà vendu dans quinze pays, Morte la bête est leur premier roman policier, et le début d’une série centrée sur l’inspecteur Konrad Simonsen et son équipe.

Ce que j'en ai pensé :

Quand un ennemi ou un individu malveillant est mort, il ne peut plus nuire. Morte la bête, mort le venin.

Les cadavres retrouvés dans une école, émasculés, défigurés à la tronçonneuse, étaient des pédophiles. Leur identification et l'arrestation du (ou des) criminel (s) est confiée à une équipe de flics à qui on donne tous les pouvoirs pour résoudre l'affaire. 

Malgré une quatrième de couverture un peu bavarde, je m'attendais sans doute à quelques surprises. Sauf que le roman met rapidement des noms sur les 1ers suspects potentiels et sur les victimes et que le reste tourne autour de beaucoup de blabla, de confusion (j'avoue ne pas avoir tout compris parfois...assez étrange comme sensation !) et que j'ai dû un peu lutté pour finir ce polar.

Même en étant habituée aux rompols un peu "lents", j'ai trouvé que celui-ci manquait d'un peu de "vie". Les membres de l'équipe policière ne sont ni sympathiques ni antipathiques, l'inspecteur Simonsen malgré son intuition et son intelligence semble plus volontiers caractérisé par son obésité et sa fatigue. Et, encore plus étrange, les justiciers anti-pédophilie n'inspire aucune empathie, et les victimes aucune haine (un comble !). 

Seul personnage intéressant à mes yeux, le concierge de l'école dont la personnalité est finement exploitée et suscite l'intérêt.

Pas un ratage complet, mais pas non plus une lecture enthousiasmante, dommage !