19 janvier 2017

No home - Yaa GYASI

Editions Calmann Levy
Parution : 4 janvier 2017
Titre original : Homegoing
Traduction : Anne Damour
450 pages

Ce qu'en dit l'éditeur :

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effia est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effia ignore que sa sœur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits-enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.

Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable.
Née à  Mampong (Ghana) en 1989, elle part vivre aux États-Unis avec ses parents à l'âge de 2 ans. No home, publié aux Etats-Unis sous le titre Homegoing, est son premier roman.
Ce que j'en ai pensé :

Voila un roman dont on commence à entendre beaucoup parler, et ce n'est sûrement pas fini ! 

C'est d'abord une immense fresque familiale qui s'étend sur presque 250 ans et 7 générations et où l'on rencontre 14 personnages, tous originaires du Ghana mais aux destins bien différents. L'arbre généalogique placé au début du roman donne le ton : deux lignées parallèles issues d'une même femme, l'une asservie par l'esclavage aux USA et l'autre, métissée aux colons britanniques qui restera en terre africaine.

Leur point commun, la difficulté à trouver sa place et à revendiquer son identité : pour les esclaves afro-américains affranchis que la société WASP affecte à des travaux pénibles ou cantonne dans des ghettos comme Harlem et qui ne restent, malgré la fin de la ségrégation, que des nègres, mais aussi pour leurs frères et sœurs métissés au temps de la colonisation britannique ou hollandaise au Ghana et qui ne sont plus assez noirs dans leurs tribus d'origine.

C'est donc un roman aux multiples facettes qui évoque tant la condition des noirs que l'exil, l'esclavage sous toutes ses formes (institutionnalisé et commercial, "consenti" pour des raisons de survie, fourni par la drogue), la culture ghanéenne et la civilisation de la Côte-de-l'Or (rôle des femmes, des Grands Hommes, sécheresse, guerres tribales).

Un roman d'autant plus riche et fascinant qu'il est servi par une narration magnifique dont la fluidité appuie encore l'intelligence : l'auteur porte un regard lucide mais amoureux sur l'histoire ghanéenne sans jamais juger. Cela rend chacun des 14 personnages terriblement attachant.

Et dire qu'il s'agit (en plus !) d'un premier roman !!!


5 commentaires:

  1. Il fait beaucoup de bruit autour de lui mais le sujet est passionnant (depuis Americanah et un autre roman (lu par Marie-Claude) ce thème est de plus en plus présent. Je le lirai c'est certain.

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  2. Moi aussi, je compte bien le lire. "Voici venir les rêveurs", c'est le titre d'«un autre roman» (Electra ci-dessus).

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  3. Il vient d'arriver chez moi, autant te dire qu'il ne va pas traapiner longtemps sur mes étagères !

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  4. Celui là, j'ai compris, il ne faut pas passer à côté !

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